L’Union Nationale Lycéenne s’inquiète de la tournure que prend la réforme du professionnel !

Ce lundi 28 mai 2018, le ministre de l’Éducation Nationale a présenté ses arbitrages sur la réforme de la voie professionnelle. Réforme phare de Monsieur Blanquer, celui-ci a affirmé qu’elle était la priorité de son mandat. Le résultat était-il au rendez-vous de ces annonces ?

 

Aujourd’hui la voie professionnelle est utilisée en voie de garage. Les élèves « non-scolaires » y sont envoyé·e·s, ce qui fait d’elle, une filière subie et non-choisie.

Par ailleurs, la voie professionnelle est censé être une voie pour une meilleure insertion professionnelle. Malheureusement ce n’est pas le cas actuellement.

S’il est clair que la voie professionnelle doit être réformée, nous constatons malheureusement que la réforme proposée n’est pas à la hauteur.

 

Le gouvernement propose des campus d’excellence, composé d’un internat, d’un établissement scolaire, de CFA et de laboratoires de recherches par exemple. Ces campus seront organisés par réseaux thématiques. Ainsi, le gouvernement veut que ces établissements proposent des filières en fonction du bassin économique de la région. C’est donc une remise en cause de l’équité territoriale qu’offre les cartes scolaire.

Mais finalement cette proposition répond belle et bien à une logique de marché. En effet,  les entreprises autour de ces établissements n’auront plus qu’à se “servir” de la main d’oeuvre présente dans l’établissement.

Par ailleurs, ces campus sont des projets ambitieux. D’autant plus que le gouvernement n’a pas l’air d’avoir budgétisé cette réforme. Le ministère lancera un appel à projet pour la voie professionnelle d’un montant de 50 M€. Ce fonctionnement va mettre en compétition les établissements, seule une poignée de lycées professionnels bénéficieront d’un investissement. Toutes les régions n’auront pas les mêmes moyens pour créer ces campus d’excellence. Ces inégalités de financements ce sont les élèves qui vont en payer le prix fort.

 

Dans la réforme proposée, on peut voir apparaître un début d’orientation progressive. Ce qui est une bonne nouvelle. Mais encore une fois, le budget n’est pas présent. En effet, le gouvernement a annoncé qu’il fermerait tous les CIO présents en régions. C’est donc un nouveau frein à l’orientation malgré une première avancée.

De plus, le module proposé au terminale de la voie professionnelle pour préparer au supérieur n’a l’air de donner à accès qu’aux BTS et non à l’université. Ainsi, tou·te·s les lycéen·ne·s professionnel·le·s ne pourront se réorienter à l’université.

Enfin, la réforme propose de passer un CAP en 1, 2 ou 3 ans. Avec cette proposition, c’est la précarité assurée pour les lycéen·ne·s. En effet, nous le savons plus le temps de formation est court, plus les diplômé·e·s se retrouvent au chômage ou avec un salaire faible.

Finalement, la réforme ne propose que des emplois déguisés avec le renforcement de l’apprentissage en entreprise. D’autant plus que ces emplois ne sont ni accompagnés de pédagogie, ni de droits du travail pour les lycéen·ne·s.

 

 

L’Union Nationale Lycéenne revendique :

  • un investissement massif à hauteur des besoins de la voie professionnelle
  • de véritables passerelles entre les formations

L’Union Nationale Lycéenne dénonce une nouvelle fois une réforme non-budgétisée et demande au gouvernement de revoir son rapport avec toutes les organisations représentatives.

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