A nos professeurs qui veulent se mobiliser

À nos profs

Une rumeur circule dans nos lycées : il n’y aurait pas d’épreuve du baccalauréat cette
année. Attaché•e•s au bon déroulement de la vie lycéenne, nous sommes nombreuses et
nombreux à nous être penché•e•s sur la question.

Les syndicats SNES, CGT, SUD, CNT, CFE-CGC, SNALC ainsi que les Stylos Rouges et la
Chaîne des Bahuts appellent à ne pas tenir la surveillance des examens le 17 juin mettant
ainsi en cause la tenue des premières épreuves du baccalauréat.

Cet appel n’est pas anodin, cela s’est produit seulement deux fois dans notre histoire : en
Mai 68, ainsi qu’en 2003. La dimension historique de cette situation ainsi que l’avenir des
718 890 lycéen•ne•s qui passent le baccalauréat nous oblige toutes et tous à ne pas prendre
cette décision à la légère.

Nous avons lu attentivement vos diverses déclarations et nous en comprenons les causes.

Nous partageons le même attachement que vous à cette école de la solidarité, celle qui
sauve, qui émancipe et à laquelle nous devons tant. Nous partageons le même désespoir
que vous : les classes à 40 élèves, le manque flagrant de moyen et de matériel qui contribue
à alimenter cette ambiance délétère au sein de nos lycées. Nous partageons cette peur au
vu de la réforme du lycée, cette désorientation et ce sentiment de solitude face à des
responsabilités qui ne nous appartiennent pas. Nous partageons cette colère face à
Parcoursup, ce logiciel qui ne contribue qu’à alimenter des inégalités sociales que vous vous
efforcez d’effacer. Nous partageons cette déception face à la réforme du lycée
professionnel, réforme pleine de promesses qui témoigne de leur ignorance de notre
quotidien ainsi que de leur vision comptable de l’Education Nationale. Nous partageons
aussi cette rancune face au mépris dont Jean-Michel Blanquer a pu faire preuve : les
images de Mantes-La-Jolie et de toutes et tous nos camarades l’ayant subi en Décembre
restant gravées dans notre mémoire.

Nous même, nous avons tout essayé : pétitions, blocages, manifestations, mais rien n’y fait.

Même quand nous étions des millions de jeunes dans les rues pour dénoncer leur inaction
face à la crise climatique, ils et elles n’ont pas bougé. Ainsi, nous partageons le même
constat : ce n’est que par l’escalade dans la radicalité de nos actions que nous saurons les
faire descendre de leur tour d’ivoire. Se laisser faire, ce serait les laisser gagner. Et quant il
s’agit de l’éducation nationale, nous ne pouvons les laisser gagner du terrain. Transformer
l’éducation, c’est transformer la société et nous ne voulons ni de leur vision de l’éducation, ni
de leur société. C’est pour toutes ces raisons que vous, professeur•e•s, nous vous
soutenons. Ces épreuves, même si elles étaient annulées, nous pourrions les repasser. En
revanche, cette occasion de bloquer Blanquer, jamais nous ne retrouverons une telle
opportunité. C’est pourquoi nous, lycéens et lycéennes de l’Union Nationale Lycéenne vous
soutenons, vous remercions et vous encourageons.
Beaucoup pourraient vous reprocher votre action. Mais dans 10 ans, après avoir gagné,
élèves comme parents, nous vous remercierons d’avoir permis l’abrogation de la réforme du
lycée, de Parcoursup, de la loi école de la confiance. En clair, d’avoir sauvé l’éducation
nationale.

Si nous nous rendrons au lieu, à la date et à l’heure indiqués par nos convocation aux
épreuves du baccalauréat, professeur, professeures, vous avez tout notre soutien. Car votre
combat est juste, car il en dépend de l’avenir de l’Éducation Nationale.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *