L’Union Nationale Lycéenne dénonce la mise en place d’une Service Nationale Universel (SNU), sa phase test lui donnant raison.

Le lundi 17 Juin commençait les premières phases de tests d’une promesse de campagne de l’actuel gouvernement : Le service nationale Universel, pour lequel nous dénonçons dès lors le caractère obligatoire de ce service pour les jeunes, la vision étriquée de l’engagement des jeunes, et l’amoindrissement du rôle de l’École comme institution émancipatrice.

 

Par la communication importante du gouvernement, nous avons vu des jeunes au garde-à-vous, en rang, entonnant la Marseillaise de manière répétitive. Or, il est regrettable de résumer la cohésion du pays par ce simple chant plutôt que par ses actes en faveur de la jeunesse. En effet, face au manque de cohésion sociale en France, il existe bel et bien un véritable intérêt à ce que les jeunes s’engagent. Les solutions à ces problèmes ne peuvent pas être le Service National Universel. Ce ne sont pas quinze jours de vies collectives qui arriveront à résoudre le problème du manque de mixités sociales en France. Ce qui sépare avant tout les français n’est pas la distance en elle-même, mais bien la gestion des territoires qui est faite en France. La précarité d’un côté et l’abondance de l’autre crée bien des fractures au sein du pays. Nous sommes de ceux qui ne veulent pas traiter le problème en surface mais trouver des solutions à la racine. Il faut mettre fin à la précarité, et notamment celle des jeunes, qui est particulièrement importante en France.

 

Nous pensons que ce ne sont pas quinze jours d’engagement obligatoire qui donnera goût et possibilité d’engagement aux jeunes.  Il faut penser la résignation que certain.e.s peuvent connaître comme le fruit des politiques menées, qui laissent de côté les jeunes et qui ne prennent pas en considération leurs avis. Qui plus est, les différentes formes d’engagement que peuvent connaître les lycéens et lycéennes ne sont pas suffisamment légitimées, voire parfois sont étouffées. Or le service public de l’éducation doit donner les même possibilités à toutes et tous en offrant de manière universelle les mêmes capacités d’émancipation. Si l’engagement doit être valorisé autrement qu’en les y obligeant, selon nous, il incombe au lycée de devenir ce lieu d’engagement.

 

L’interdiction du téléphone portable durant la durée du SNU nous inquiète également. Il existe bien des problématiques liées l’usage du téléphone portable et des écrans, qui touchent toute la population. Mais pourquoi infantiliser spécifiquement les jeunes par une interdiction d’usage qui les prive notamment de véritable contacts avec leurs proches ? Il aurait été préférable d’investir dans des campagnes de préventions ainsi que dans la recherche autour de ces questions. De plus, le téléphone étant de nos jours un moyens d’expression, cette interdiction nous empêchera d’avoir connaissance du ressenti des élèves au jour le jour et de disposer d’images et vidéos supplémentaires qui auraient été moins édulcorées.

 

Le caractère obligatoire implique qu’il ne serait pas possible d’être exonéré de ce service, peu importe la condition physique ou psychologique de la personne, et le gouvernement n’a en rien répondu aux problématiques d’inclusivité que cela soulève. Pire encore, 26 Malaises ont déjà eu lieu. Nous demandons qui est responsable de cela. Des comptes doivent être rendus, car il est intolérable que des jeunes soient mis en danger de la sorte.

 

L’UNL revendique l’abandon de ce projet. Il nous semblerait en effet plus judicieux que ces 1,5 Milliard d’Euros, soient investis dans le service public d’éducation, qui manque cruellement de professeurs ou encore de rénovation de bâtiments, etc.

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