#Lundi14Septembre : Nous voulons choisir nos tenues et devenir acteur du lycée

Lundi 14 septembre a eu lieu une mobilisation contre les règlements sexistes au sein des établissements (lycée, collège). Contre les tenues “correctes” exigées, des lycéennes et lycéens sont donc venu.e.s habillé.e.s dans des tenues jugées “provocante, indécente” par les administrations. Cette initiative a été lancé par des lycéennes du lycée Borda à Boulogne. Elles tiennent d’ailleurs un compte Instagram, @Borda_revolte. En fin de semaine dernière (avant le lundi 14), avaient protesté en manifestant devant leur établissement par rapport à des affiches culpabilisant les lycéennes sur leur tenue. Ces élèves se sont mobilisé.e.s de façon plus générale contre le sexisme au sein des établissements et revendiquent la possibilité pour chacun.e de pouvoir venir habillé.e comme iel le souhaite au lycée. 

 

Ce mouvement dénonce le patriarcat qui est présent dans toute la société et le manque de place laissé à la parole des jeunes dans celle-ci.. Le fait qu’on dise à des mineures de se couvrir les épaules, ne pas porter de jupe et ou de short, crop top montre bien qu’on sexualise les jeunes filles et qu’on ne tient pas comptes de leurs envies. De nombreuses remarques entendues Lundi dernier mettent en exergue cela : On dit aux lycéenne et collégiennes de ne pas porter tel vêtement car cela “déconcentrerait” les garçons, ou qu’on ne vient pas au lycée pour “séduire” mais “étudier”. Tout ça, consciemment ou inconsciemment, participe à légitimer la culture du viol selon laquelle “la victime serait responsable” de part sa “tenue”, son “comportement”, “l’endroit où elle était” etc. Or la victime n’est jamais responsable, rien ne justifie le viol, les aggressions… et ce n’est pas aux lycéennes, collégiennes de se sentir coupable (ce qui peut être le cas). 

 

Chacun.e, quel que soit son genre, doit pouvoir être libre de venir habillé.e au lycée comme iel le souhaite (jupe, short, voile,…) tant qu’iel est à l’aise personnellement et que ça ne la le dérange en rien pour travailler. Notre tenue ne doit pas être un facteur de discrimination pour pouvoir avoir accès à l’éducation, on ne peut pas refuser à un.e élève d’entrer dans l’établissement étudier pour seul prétexte sa tenue, ça ne détermine en rien ses capacités scolaires, sa motivation, son travail… Il est illégal de refuser l’accès à un établissement scolaire à un élève pour sa tenue. 

 

On a donc pu voir, ce lundi, des élèves mobilisé.e.s un peu partout. À Borda la moitié de l’établissement s’est mobilisée contre tous ces mécanismes sexistes liés au patriarcat. Face à l’ampleur de la mobilisation, l’administration n’avait “que pour choix de ne rien dire” et de laisser les élèves s’habiller comme iel veulent. Si dans certains endroits les actions se sont bien passées, ce qui est motivant pour la suite, il n’en demeure pas moins que la répression a eu lieu dans d’autres établissements. Par exemple, une trentaine de lycéennes se sont vues refuser l’accès au lycée sous prétexte que “ça excite les garçons”. Un autre établissement a indiqué qu’à partir du mardi 15 septembre toutes tous celles et ceux qui porteraient une jupe ou short ne pourraient pas rentrer au lycée. Dans un collège une cpe a mis “une heure de colle” à une élève car “des garçons avaient regardé sous sa jupe”.Il est inadmissible que des élèves soient sanctionnées pour des actes qu’elles n’ont pas commis ! Une vingtaine de collégiennes aussi mobilisées ont eu des problèmes avec l’administration qui a refusé de les laisser rentrer dans l’établissement et leur a demandé de se changer en rentrant chez elles et ou en leur donnant des tee-shirt, ce qui ne respecte pas les mesures sanitaires. Certaines élèves ont été convoquées par le cpe puis envoyées chez le proviseur. Dans un autre collège des élèves ont reçu comme remarque que c’était “pire que les prostituées” ! Il y a eu d’autres nombreuses sanctions privant les élèves d’accès aux établissements, remarques sexistes, misogynes, sexualisant les élèves… Il ne s’agit donc pas de cas isolés mais bel et bien d’une tentative générale de contraindre les élèves à porter tel vêtement plutôt qu’un autre.

 

Cette journée du 14 septembre était importante, mais il ne faut pas s’arrêter à une journée de mobilisation. Nous devons quotidiennement lutter contre ces discriminations. Il y a d’ailleurs une contradiction dans le fait de demander aux lycéennes de plus se couvrir tout en leur refusant de porter le voile à l’École. La loi de 2005 n’est pas une loi laïque mais une loi raciste et islamophobe. La laïcité devrait garantir à tous la liberté de pratiquer dans le respect des autres. Au lieu de favoriser le vivre-ensemble, la loi de 2005 divise et contraint les lycéen.ne.s à refouler leurs croyances. 

 

À l’unl on revendique la fin de “tenue correcte exigée” dans les règlements scolaires, l’abrogation de la loi de 2005 et la mise en place d’ateliers de prévention dans les lycées. Nous accompagnons tous les élèves n’ayant pas pu rentrer dans leurs lycées à cause de leur tenue. C’est illégal. Nous avons des droits à faire valoir. C’est par l’organisation collective et la solidarité que nous les ferons respecter. Nous soutenons plus largement toutes les femmes de tous les secteurs, comme les femmes de chambres des hôtels Ibis qui sont en grève pour de meilleures conditions de travail, ou encore les infirmièr.e.s et AESH qui sont majoritairement des femmes et qui sont mal payées alors que nécessaires pour beaucoup de monde.

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