Parcoursup : le grand tri social

Le 19 mai, nous étions plusieurs milliers de lycéen•ne•s à découvrir nos résultats sur la plateforme parcoursup. Au beau milieu de l’inquiétude suscitée par cette situation de pandémie, beaucoup d’entre nous sont d’autant plus dans l’angoisse face à cet algorithme de tri social déterminant notre avenir. Un grand nombre de lycéen•ne•s se retrouve aujourd’hui avec l’ensemble de leurs résultats refusés ou en attente. Cette situation est extrêmement anxiogène à force d’actualiser le site chaque jour dans le but de voir une proposition se dessiner.

 

Une nouvelle fois, parcoursup, avec ces délais courts, son fonctionnement complexe et ses files d’attente à rallonge, mais surtout son principe de sélection, a satisfait peu d’élèves. Cela cause une nouvelle angoisse pour notre avenir, entre crise sanitaire, crise climatique, et crise économique. Ce dysfonctionnement n’est pas surprenant : une machine ne peut remplacer des conseillers d’orientation !

 

Parcoursup renforce l’idée que l’école est un terrain de concurrence et non l’outil d’une éducation émancipatrice et égalitaire. Une nouvelle fois, les différences sont nombreuses entre les lycées de banlieue dont peu d’élèves ont reçu des réponses positives, et les lycées côtés de centre-villes dont les résultats sont souvent meilleures. Nous sommes classé•e•s à partir de nos bulletins, de l’avis du principal et d’une lettre de motivation qui est en réalité peu lu à cause du manque de moyen humain dans les fac pour ce faire. Par ailleurs, tous les critères de sélection ne sont pas même pas connues ! Ce qui est certain, c’est que la réputation de notre lycée d’origine donc souvent notre situation sociale influe cette algorithme ce qui s’inscrit dans tout un système de reproduction sociale.

 

Nous sommes plusieurs à ainsi devoir nous résoudre à choisir une filière qui nous intéresse peu, car d’autres problématiques comme celles du logement doivent être réglé rapidement !

Cela va à l’encontre même des raisons évoquées par le gouvernement à propos de la plateforme : parcoursup est censée réduire l’échec en première année ; mais comment bien travailler si nous n’étudions pas notre filière souhaitée ?

 

En réalité, pour réduire l’échec en première année, la solution est simple : 

  • embaucher des conseiller•e•s d’orientation
  • mettre davantage de moyens dans l’éducation
  • augmenter les bourses
  • laisser les etudiant•e•s choisir leur filière !

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