Comment combattre les propriétaires
Les New-Yorkais de la classe ouvrière sont volés par leurs propriétaires. Zohran a abordé cette question lors de sa campagne électorale et a été récompensé par 60 % des suffrages exprimés par les locataires.
Bloomberg a rapporté l’année dernière que moins de 5 % des appartements à New York étaient « abordables pour le travailleur local moyen ». New York définit un loyer abordable comme un logement qui ne coûte pas plus d’un tiers du revenu brut d’un ménage, tant en loyer qu’en services publics.
Un grand nombre de travailleurs ont été complètement exclus du marché immobilier. La Coalition for the Homeless estime que plus de 350 000 personnes étaient sans abri à New York en août 2025, dont 103 000 dans des refuges urbains et 200 000 entassées chez d’autres.
Le point central de Zohran est un « gel des loyers » de quatre ans sur les appartements à loyer stabilisé, dont l’expiration coïncide avec la prochaine élection du maire. Cela s’appliquerait à un peu plus d’un million des 2,3 millions de logements locatifs occupés que compte la ville. La proposition ne réduirait les loyers d’aucun des 95 % d’appartements « inabordables », mais maintiendrait plutôt une minorité de ces loyers au niveau actuel, déjà douloureux.
Pour les appartements au prix du marché, il est proposé que les augmentations annuelles de loyer soient limitées à 5 % plus le taux d’inflation local, plafonné à 10 %. Sans une augmentation correspondante des salaires, cette mesure garantit simplement la poursuite de la paupérisation des locataires par les propriétaires.
Parallèlement au gel des loyers, il propose de construire en moyenne 20 000 logements publics abordables supplémentaires au cours de la prochaine décennie, financés par un fonds de 100 milliards de dollars. Ce nombre ne représente qu’une légère augmentation par rapport aux 185 000 nouvelles unités multifamiliales construites dans les années 2010 – ce qui ne constitue guère une rupture avec le passé.
Ces modestes propositions, tout en suscitant l’espoir parmi les locataires d’un soulagement imminent, se sont heurtées à l’hostilité des courtiers immobiliers, des promoteurs, des spéculateurs immobiliers et des propriétaires. Toute mesure qui promet de modifier la balance des paiements au profit du locataire diminue proportionnellement le montant empoché par les propriétaires et apporte de l’incertitude sur le marché.
Le plan de Mamdani prévoit de compenser les propriétaires pour le plafonnement des augmentations de loyer, sous la forme d’allégements fiscaux, qui remplaceront à terme le tribut payé au propriétaire par les locataires individuels par de l’argent détourné des fonds publics. De cette manière, les propriétaires de logements continuent de gagner leur vie, tandis que pour équilibrer le budget de la ville, il faudra réduire les services sociaux.
Les propriétaires et les sociétés financières achètent des biens immobiliers pour une seule raison : gagner de l’argent. Ils apportent des améliorations cosmétiques simples qui permettent de retourner la propriété pour un gain immédiat ; Louez-le pour obtenir des revenus locatifs stables ; ou bien le conserver dans l’espoir que la bulle gonflée des prix de l’immobilier leur rapportera des gains exceptionnels grâce à une vente ultérieure.
Toute réduction des revenus locatifs attendus découragera les propriétaires de dépenser pour la réparation et l’entretien : à quoi bon investir plus d’argent dans un investissement qui ne rapporte aucun rendement supplémentaire ? Si le rendement de leur investissement tombe en dessous de celui des actions et des obligations, ils seront incités à se débarrasser de leur propriété et à réorienter leur capital ailleurs. Et lorsqu’une zone d’habitation entière devient peu attrayante pour les investissements, au fil du temps, le décor est planté pour un nouveau cycle de spéculation et de gentrification.
Il existe un moyen de résoudre la question du logement, mais cela ne peut se faire dans le cadre du maintien du capitalisme. Un programme socialiste pour le logement s’articule autour de trois mesures :
- Propriété publique et administration de toutes les habitations et des terrains situés en dessous
- Expropriation des banques et des sociétés financières – mettre leurs richesses mal acquises au service des besoins humains
- Nationalisation des promoteurs immobiliers et des grandes entreprises de construction et de matériaux de construction, sous contrôle ouvrier
Placer l’ensemble du secteur du logement et du système de loyers et d’hypothèques sous le contrôle d’un plan de développement socialiste serait un pas en avant dans la transformation socialiste de la société.
Mais cela ne peut pas se produire lorsque le pouvoir politique est monopolisé par les deux partis au pouvoir, dont le principal point d’accord est la défense du capitalisme. Un nouveau parti doit être construit pour organiser la classe ouvrière afin de conquérir le pouvoir, déposséder les capitalistes et éliminer leur domination sur la vie économique.
Nous ne devons pas oublier que le capital ne connaît pas de frontières ; les conditions de vie dans d’autres villes sont tout aussi désastreuses. Le parti des travailleurs doit avoir une portée nationale et, à terme, internationale. La lutte pour un logement décent pour tous est en fin de compte une lutte pour le socialisme mondial.
